Zéro déchet – L’envers du décors

Nous avons commencé cet été le Zéro déchet sur les chapeaux de roues. Mon précédent article présentait un peu le bilan après quatre mois. A cinq mois j’ai l’impression d’avoir atteint un palier. Et à vrai dire, me maintenir sur ce palier sans flancher n’est pas une mince affaire.

Je peux confirmer ce que j’avais pu lire, le Zéro déchet est un cheminement personnel qu’il faut suivre à son rythme et surtout progressivement. Le fort engouement initial a fait place à la réalité et les aléas du quotidien. Consolider sa nouvelle façon de vivre n’est pas simple et cela prend du temps.

Il est, par exemple, difficile de luter contre l’envie de commander japonais après une journée fatigante, quand le frigo est bien vide et que les restes surgelés ne font pas envie. Bouh le sentiment de régression quand on jette tout ce plastique à la poubelle. Le japonais fait encore partie de notre liste d’exceptions au Zéro déchet, pour le moment. Se lancer dans de la cuisine, le soir, n’est pas facile. Surtout quand on préférerait réchauffer un plat tout fait et terminer comme une larve devant une série.

Aller au marché un dimanche matin quand on préférerait faire la grasse matinée est une bonne épreuve également. Tout comme se trimbaler nos boites au marché, et stresser sur la réaction potentielle des nouveaux commerçants. Des fois j’aimerais ne pas me prendre la tête et faire simple en repartant avec mes escalopes dans du plastique sans m’être baladé avec 3/4 grosses boîtes en verre dans la carriole.

Planifier les courses du dimanche matin est assez prise de tête aussi. On calcule le nombre de repas à anticiper, on cherche alors autant d’idées qu’il y aura de repas et on fait notre liste de courses. C’est clairement pas instantané, et il va falloir que l’on se fasse une liste de plats basée sur les fruits et légumes de saison. Typiquement, les mois de janvier / février sont bien moins riches en légumes que l’été. Après avoir enchaîné soupe après soupe ces derniers mois, j’aimerais changer et manger également autre chose que des pommes de terre. Quand les choix se font moins nombreux, il est tentant d’aller voir des légumes hors saison. Pour l’instant, nous avons bien tenu et avons respecté les légumes de saison. De plus, nous allons chez un producteur local, nous dépendons des aléas des récoltes. Nous devons changer nos plats au dernier moment assez régulièrement, en fonction de ce qu’ils n’ont pas. Alors déjà qu’il y a moins de choix en hiver, si en plus on doit faire avec des mauvaises productions … 😛

Nous avons fait le choix de faire nos courses le dimanche matin au marché et en complément au supermarché ainsi qu’au biocoop. Quand on doit déjà gérer les différentes taches ménagère que l’on a pas voulu faire la semaine, s’enchaîner une grosse séance de cuisine pour la semaine n’est pas forcément toujours fun. Parfois j’aimerais faire autre chose. Ça peut virer à la corvée par moment. Toutefois, quel bonheur les soirs de semaine d’avoir des plats cuisinés maison déjà tout faits et à réchauffer en 5 minutes 🙂 Mais heureusement, nous sommes deux. Et nous arrivons à alterner quand l’autre n’a pas envie de cuisiner. Généralement quand les deux n’ont pas envie, ça peut finir en japonais 😀 C’est très mal, je sais … Mais ça prendra du temps de changer toutes nos sales habitudes !

Nous avons failli tuer notre colonie de vers de terre suite à un ajout trop important de déchets d’épinards. Nous nous sommes retrouvés avec en grosse bouillie qui a fermenté et humidifié à outrance le compost, ce qui a provoqué une migration kamikaze des vers dans le bac de rétention. Résultat, une odeur affreuse et un génocide de vers. Je reviendrai sur l’événement dans un autre article. Toutefois nous avons été réactifs suffisamment vite, et nous avons sauvé les vers restants. La bonne odeur d’humus est revenue, ouf. Mais contre toute attente, ce n’est pas simple de gérer les vers de terre. Ça nous a un peu mis un coup au moral de voir à quel vitesse on pouvait ruiner tous nos efforts. Nous en avons donc tiré plusieurs enseignements que je partagerai prochainement 😉

En définitive, il s’agit de prendre de nouvelles habitudes et de tenir sur la durée. Trop de changements brutaux est un coup à se décourager complètement. J’en étais pleinement conscient, mais je réalise néanmoins que c’est bien plus difficile que je ne le pensais. J’ai donc choisi d’arrêter de rajouter de nouvelles expériences à ma démarche. Il s’agit déjà d’asseoir nos nouvelles habitudes et de réussir à trouver l’organisation et le temps permettant de s’y retrouver et de ne pas se décourager complètement.

J’ai énormément lu sur le sujet ces derniers mois, je suis arrivé à un point de saturation où j’ai complètement dit stop. J’ai pu depuis reprendre à plus petite dose. Il faut vraiment du temps pour digérer autant d’informations et de changements au quotidien.

Malgré un petit blues de l’hiver, je suis bien content de nos dernières expériences :

  • la fabrication de lessive est plutôt concluante ! J’ai par contre l’impression d’en consommer beaucoup plus qu’avant avec la version industrielle.
  • idem pour le produit vaisselle maison. Toutefois nous allons essayer de remplacer ça par du savon de Marseille. Si l’expérience est concluante, ça sera bien plus pratique que de fabriquer du produit vaisselle liquide.
  • nous avons trouvé un nouveau boucher, qui veut bien de nos petits boîtes et sans emballages ! 🙂
  • je suis hyper content du bloc de savon de Marseille pour la douche et le savon d’Alep pour les mains. C’est juste mort pour revenir en arrière vu l’efficacité et la durée de vie d’un bloc par rapport à un flacon de savon liquide industriel. Nous avons commandé 2kg de savon à la coupe au fer à cheval, ça devrait nous tenir un moment !

One Response

  • Un bon MacDo de temps en temps, ça ne peut pas faire de mal 🙂
    Plus sérieusement, c’est normal je pense d’avoir des moments de découragement. Il faut regarder le chemin parcouru en peu de temps pour se donner du courage !
    Ce que vous faites est déjà super.

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